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 Un biface acheuléen |
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En juillet 1979, M. Alain COSTE creuse avec une bêche la terre argileuse dans un petit bois à l'Almousse. À 1,20 m de profondeur, son outil en heurte un autre plus primitif.
"Quand j'étais gosse, je rêvais de trouver une pierre préhistorique" raconte- t- il. "J'ai tout de suite eu le sentiment que c'était ça. Je l'ai localisée sous vingt ou trente centimètres de bonne terre, puis une couche d'argile blanche et une autre d'argile brune. Réaliser que cette pierre ait pu appartenir à un homme vieux de plusieurs milliers d'années est émouvant."
Face supérieure éolisée
Tranche
Continuant ses fouilles à l'Almousse dans un rayon de 100 mètres, Alain COSTE ramasse différentes pierres polies, certaines sont éclatées. On distingue des différences de couleur sur la majorité des trouvailles, avec des côtés bruts et d'autres plus clairs, ainsi que de nombreux petits éclats qui forment une fine dentelure sur certains bords.
Parmi les pièces, quelques- unes étaient destinées à être enchâssées ou emmanchées.
Sous l'endroit où reposait le biface, Alain COSTE a remarqué un lit de petits galets. Ils devaient être sur le rivage de la Loire ou de la mer car l'Almousse se situe dans l'Île qui était entourée d'eau.
Percuteur à droite
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Alain Coste
Un expert à Nantes examine l'objet en grès quartzite. La face supérieure est très lisse, comme cirée par l'usure des vents de sable. Les dimensions (18,5 cm x 9 cm x 5 cm), la forme en amande, plate et symétrique, les traces d'impacts lui font dire qu'il s'agit d'un biface acheuléen (du nom de Saint- Acheul, en Somme, où ont été scientifiquement décrits ces outils) sculpté par un pré- néandertalien (paléolithique inférieur) il y a 90.000 à 500.000 ans. Universel, le biface permettait d'assommer et de dépecer le gibier, de briser les os pour en extraire la moelle, de travailler le bois, de casser les noix, de creuser le sol… Celui de Frossay pèse 734 g. Il est inventorié dans une édition du Gallia Préhistoire (tome 22, 1979).
Face inférieure intacte
Selon l'inventeur, "les hommes devaient s'être installés sur cette île car la pierre polie est apparue bien plus tard".
Dans la zone, il découvre également un galet pratiquement sphérique qui rappelle une petite boule de pétanque (7 cm de diamètre). Ce simple galet, choisi pour son volume et sa dureté, est en fait un percuteur dur qui servait à dégrossir la pierre des bifaces.
Ces objets venant d'autres civilisations nous révèlent que Frossay a probablement toujours été habité. Le biface en reste le plus ancien témoignage.
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